Ce qu'on oublie de vous dire sur la rupture conventionnelle

Le piège courant sur l'indemnité minimale, et comment éviter le refus de France Travail.

Ce qu'on oublie de vous dire sur la rupture conventionnelle

Signer une rupture conventionnelle prend cinq minutes. Réparer une mauvaise signature peut prendre des mois. Avant de parapher quoi que ce soit, trois chiffres et deux délais méritent toute votre attention.

Comment se calcule l'indemnité minimale ?

L'indemnité de rupture conventionnelle ne peut jamais être inférieure à l'indemnité légale de licenciement. Le calcul est fixé par l'article R.1234-2 du Code du travail : un quart de mois de salaire par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans, puis un tiers de mois au-delà. Pour un salarié payé 2 400 € brut avec 8 ans de maison, le plancher tourne autour de 4 800 €. C'est un minimum, pas un tarif.

Pourquoi il faut presque toujours négocier au-dessus

Illustration : Pourquoi il faut presque toujours négocier au-dessus
Pourquoi il faut presque toujours négocier au-dessus

L'employeur propose la rupture parce qu'elle l'arrange : aucun motif à justifier, aucun risque prud'homal. Cette tranquillité a un prix, et c'est à vous de le fixer. Dans la pratique, une majoration de 20 à 50 % du plancher passe sans difficulté quand le départ profite clairement à l'entreprise. Avant d'accepter, vérifiez aussi vos heures supplémentaires impayées : elles se réclament séparément et pèsent parfois plus lourd que l'indemnité elle-même.

Vidéo : « Rupture conventionnelle : 5 pièges à éviter » — Avocat

Les deux délais qui changent tout

  • 15 jours calendaires de rétractation après la signature, pour chaque partie ;
  • 15 jours ouvrables ensuite pour l'homologation par la DREETS.

Ne signez jamais le jour où on vous présente le document. Prenez la nuit, relisez les montants, comparez avec votre dernière fiche de paie.

Et si la rupture est en réalité imposée ?

Une rupture signée sous pression — menace de licenciement, harcèlement — peut être annulée par le conseil de prud'hommes, qui la requalifie alors en licenciement sans cause réelle et sérieuse. Si vous êtes dans ce cas, lisez d'abord nos repères sur le licenciement abusif et ses indemnités : le rapport de force n'est pas celui que l'employeur veut vous faire croire.

Questions fréquentes

La rupture conventionnelle ouvre-t-elle droit aux allocations chômage ?

Oui. Le salarié qui signe une rupture conventionnelle est éligible aux allocations chômage (ARE) versées par France Travail, sous réserve de remplir les conditions d'affiliation.

L'employeur peut-il refuser de signer une rupture conventionnelle ?

Oui. La rupture conventionnelle repose sur un accord mutuel : l'employeur comme le salarié peut refuser de la signer ou se rétracter dans le délai légal de 15 jours calendaires.

Que se passe-t-il si la DREETS refuse l'homologation ?

La convention est nulle et le contrat de travail se poursuit. Les parties doivent recommencer la procédure ou envisager une autre forme de rupture du contrat.

Peut-on signer une rupture conventionnelle pendant un arrêt maladie ?

Oui, sauf en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle, où des restrictions spécifiques s'appliquent. En dehors de ces cas, l'arrêt maladie ne fait pas obstacle à la signature.

Marc Leroy

Marc Leroy

Juriste en droit social — droit du travail et contentieux prud'homal

Juriste diplômé en droit social, Marc a exercé quinze ans en cabinet aux côtés d'avocats spécialisés, où il a préparé plusieurs centaines de dossiers prud'homaux (licenciement, rupture conventionnelle, heures supplémentaires, harcèlement). Il met cette expérience de terrain au service de guides précis, à jour des dernières réformes et arrêts de la Cour de cassation, pour que chaque salarié comprenne ses droits avant d'agir.

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