Donation de son vivant : ce qu'on peut donner, et à qui

Abattements, droit de retour, rapport à la succession : les règles pour transmettre sans erreur.

Donation de son vivant : ce qu'on peut donner, et à qui

Transmettre de son vivant, c'est souvent plus malin qu'attendre la succession. Mais une donation mal cadrée se paie cher, parfois des années plus tard, au moment du partage. Voici les règles à connaître avant de signer chez le notaire.

Donner, oui, mais pas n'importe comment

La donation est un acte irrévocable : ce qui est donné est donné. Au-delà de quelques cadeaux d'usage proportionnés à vos moyens, toute transmission importante doit en principe passer par un notaire, surtout pour un bien immobilier. Le don manuel d'une somme d'argent reste possible, mais il doit être déclaré à l'administration fiscale.

Les abattements, renouvelables tous les 15 ans

Illustration : Les abattements, renouvelables tous les 15 ans
Les abattements, renouvelables tous les 15 ans

Chaque parent peut donner jusqu'à 100 000 € à chaque enfant en franchise de droits, et cet abattement se reconstitue tous les quinze ans. S'y ajoute, sous conditions d'âge, un don familial de sommes d'argent exonéré jusqu'à 31 865 €. Anticiper, c'est donc étaler les donations dans le temps pour effacer la fiscalité.

Vidéo : « Donations : montants, abattements, délais » — Notaires du Dauphiné

Attention à la réserve héréditaire

Comme pour un testament olographe, vous ne pouvez pas déshériter vos enfants : la réserve héréditaire les protège. Une donation qui entame cette part pourra être réduite au décès. La quotité disponible — ce que vous transmettez librement — dépend du nombre d'enfants : la moitié avec un enfant, le tiers avec deux, le quart avec trois ou plus.

Le rapport à la succession

Illustration : Le rapport à la succession
Le rapport à la succession

Sauf mention contraire, une donation faite à un héritier est présumée être une avance sur son héritage : elle sera « rapportée » à la succession pour rétablir l'égalité entre enfants. Pour avantager réellement quelqu'un, il faut une donation hors part successorale, expressément stipulée dans l'acte.

Le réflexe à garder

Une donation se réfléchit avec la succession entière en tête. Si votre situation familiale évolue — un divorce, par exemple —, refaites le point : les équilibres patrimoniaux que vous aviez prévus peuvent être bouleversés.

Questions fréquentes

Faut-il obligatoirement un notaire pour faire une donation ?

Pour un bien immobilier, oui, l'acte notarié est obligatoire. Pour une somme d'argent, un don manuel est possible sans notaire, mais il doit être déclaré à l'administration fiscale dans le mois suivant le don.

Peut-on reprendre une donation après l'avoir faite ?

En principe, non : la donation est irrévocable. Des exceptions très limitées existent, notamment en cas d'ingratitude du donataire ou de survenance d'enfant, mais elles sont strictement encadrées par la loi.

La réserve héréditaire s'applique-t-elle aussi aux donations faites de son vivant ?

Oui. Au décès, toutes les donations consenties sont réintégrées dans le calcul de la succession pour vérifier que la réserve héréditaire des enfants n'a pas été entamée. Si c'est le cas, une réduction peut être ordonnée.

Qu'est-ce qu'une donation « hors part successorale » ?

C'est une donation expressément stipulée dans l'acte comme n'étant pas une avance sur héritage. Elle permet d'avantager un héritier au-delà de sa part légale, dans la limite de la quotité disponible.

Henri Vasseur

Henri Vasseur

Juriste en droit patrimonial — successions, testaments et donations

Juriste en droit patrimonial, Henri a exercé dix ans en office notarial comme collaborateur avant de se consacrer à la pédagogie juridique. Il explique l'héritage, les testaments et les donations en s'appuyant sur le Code civil (réserve héréditaire, quotité disponible) et la pratique notariale, pour aider chacun à anticiper une succession sereinement.

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